/ Nuances présente
Christophe Panzani (FR)
Saxophone, Compositions

Album "Les Mauvais Tempéraments" Jazz&People le 8 novembre 2019

Second album "Graft" du groupe THIEFS à paraître le 26 janvier 2018 (Jazz&People)

Saxophoniste, clarinettiste, flûtiste, Christophe Panzani (né en 1975) est l’un des musiciens les plus sollicités de la scène française. Membre du Big Band de Carla Bley depuis 2002 (album « Appearing Nightly », ECM - 2009), il fait parti de nombreuses formations de jazz en France telles que le projet « Circles » d’Anne Paceo, le quintet hard bop de Florian Pellissier, le projet groove 117 Element, le groupe du jeune pianiste Gauthier Toux, etc. Véritable touche-à-tout musical, son ancrage dans le jazz ne l’a pas empêché d’avoir été actif en parallèle dans plusieurs groupes aux esthétiques variées, allant de la musique africaine (Ousmane Danedjo) ou orientale (Fayçal Salhi) à l’électro jazz et le hip-hop (ElectroDeluxe, Hocus Pocus, Gaël Faye, Milk Coffee & Sugar, Guts), etc.

Christophe Panzani est membre fondateur de trois groupes majeurs de l’underground parisien : The Drops, avec le guitariste italien Federico Casagrande (trois albums parus) ; Thiefs, projet jazz hip-hop qu’il codirige avec le contrebassiste américain Keith Witty, lauréat du French American Jazz Exchange en 2012, et 2016 ; et le nouveau collectif The Watershed. En 2015-16, il est artiste en résidence à la scène nationale de l’Arsenal à Metz où il a présenté son LARGE Ensemble qui associe son quintet de jazzmen avec Vincent Peirani et Pierre Perchaud au quintette à vent Arte Combo et au quatuor à cordes Voce, à la confluence du jazz et du classique.

En 2016 est paru l’album « Les âmes perdues" (album CHOC Jazz Magazine, Elu Citizen Jazz...) sur le label Jazz&People, recueil de duos saxophone-piano avec 7 pianistes (Yonathan Avishaï, Tony Paeleman, Dan Tepfer, Leonardo Montana…), enregistrés chez chacun des pianistes sur leur piano.

   

Projets
Les mauvais tempéraments
Jazz - Classique

La « Nature » contre « l'ordre » établi, l'expressivité contre la norme.

Après « Les Âmes perdues », premier album dans lequel il était parti, saxophone et micro en bandoulière, dialoguer avec sept interprètes différents, Christophe Panzani continue d’explorer les possibilités d’allier le(s) piano(s) — et les pianistes — à son saxophone ténor.

En quête de moyens d’expression nouveaux, le saxophoniste a choisi une voie dans laquelle les jazzmen se sont rarement — sinon jamais — aventurés jusqu’à présent : celle des tempéraments anciens. Il n’est pas question ici de changer le diapason des instruments mais d’accorder le piano comme le font les clavecinistes et les spécialistes (notamment) de musique baroque, en respectant les rapports naturels entre les sons, ce qui permet d’éviter les « battements » entre harmoniques qui donnent parfois à l’oreille une sensation de fausseté ou de dureté.

Dans ce système, do majeur et si majeur n’ont plus rien à voir, et donnent à entendre des sonorités très différentes. Chaque tonalité, chaque son se charge d’une intensité émotionnelle propre. Ainsi Marc-Antoine Charpentier, compositeur du XVIIe siècle qualifiait do majeur de gai et guerrier alors que si majeur était à ses oreilles dur et plaintif. L’idée sous-jacente est que, sans le savoir, ni le discerner précisément, l’auditeur soit transporté, ému, non pas grâce à une formule magique mais par l’utilisation d’un ingrédient supplémentaire dans la fabrication des émotions : les variations d’accordage des sons. Ainsi quatre morceaux de cet album sont-ils interprétés sur des pianos accordés en tempérament Werckmeister III, couramment utilisé au XVIIe siècle.

Avant que ne s’impose, au XIXe siècle, le tempérament dit égal (qui consiste à diviser artificiellement l’octave en douze intervalles chromatiques tous égaux, quitte à ce que les intervalles soient légèrement faux par rapport aux résonnances naturelles entre les sons), les tempéraments (c’est-à-dire les accordages) pouvaient varier, en effet, d’une œuvre à l’autre, selon les intentions du compositeur et le choix des tonalités. Christophe Panzani se souvient de l’origine de ce projet : « D’aussi loin que je me souvienne je n’ai jamais aimé les tierces majeures (j’ai très peu composé de morceaux majeurs d’ailleurs !). Elles m’ont toujours donné une étrange sensation désagréable, aigre... Jusqu’au jour où un accordeur de piano m’a fait entendre une tierce majeure « naturelle » ! Un vrai choc pour moi. Majeur et doux en même temps, c’était inouï. » De là est née l’aventure de ces « Mauvais Tempéraments », une manière inédite dans le champ du jazz d’ouvrir le spectre sonore mais aussi de confronter l’inspiration de ses partenaires pianistes à d’autres moyens d’expression, au-delà des conventions et des habitudes du piano « bien » tempéré.

Christophe Panzani a pris le parti d’aller au domicile de la plupart des pianistes ou de les réunir chez l’un d’entre eux, Edouard Ferlet, pour les enregistrer sur des instruments différents et faire varier, à l’intérieur d’un même spectre, l’image sonore de chaque duo. Piano droit, piano quart de queue, demi-queue, grand piano, trio à deux pianos, piano préparé, quatre mains, re-recording, électronique, le principe initial des duos s’est, en outre, difracté, ouvrant des perspectives et des jeux de reflets sonores, parfois étranges, parfois labyrinthiques, telle une projection dans un espace aux contours mouvants. La plupart des protagonistes de ces « Mauvais Tempéraments » avaient déjà pris part à l’élaboration des « Âmes perdues ». On retrouve ainsi, parfois seuls, parfois en duo, parfois à quatre mains, les pianistes Yonathan Avishai, Edouard Ferlet (dans le salon duquel s’est déroulée une bonne partie des enregistrements), Tony Paeleman (également auteur de la prise de son), Leonardo Montana et Guillaume Poncelet.

Enrichissant le projet de la singularité de leurs personnalités, Eric Legnini, Yael Naim et BIGYUKI accompagnent, chacun à leur manière, vers de nouveaux espaces, le cheminement de Christophe Panzani. De désordre en miroir, de ravage en mauvais tempéraments, cette quête musicale qui pourrait s’apparenter à un simple procédé suit, en réalité, une sorte de ligne de fracture qui n’est pas si innocente. Entre égal et inégal, arbitraire et intuition, normatif et vivant, uniforme et polymorphe, numérique et organique... on retrouve en creux, par le biais de la métaphore musicale, un certain nombre des oppositions auxquelles sont liées les interrogations au cœur de nos sociétés contemporaines. Pour autant, ce passage de Christophe Panzani par les tempéraments relève aussi de quelque chose de plus intime et de plus mystérieux, qui a à voir avec l’origine de l’expressivité, la source de l’émotion et, in fine, le mystère de la musique, cet art vibratoire qui établit un dialogue hors de mots. Comment ne pas y voir aussi, une métaphore de Christophe Panzani lui-même ? Ce musicien intranquille, qui n’aime pas rentrer dans les cases, qui n’appartient à aucune chapelle, ne se limite à aucun genre et aime tant brouiller les pistes, être où on ne l’attend pas, transgresser les frontières ou, plus exactement, les remettre en question, ne saurait-il, lui-même, être d’un tempérament égal ?

Extraits
Extraits
DES ÂMES TOUTES FAITES -
L'AUTRE MIROIR -
LE DÉSORDRE 4 MAINS -
VIDEOS
Christophe Panzani - Live @Bal Blomet, Paris
Christophe Panzani - Teaser Les Mauvais Tempéraments
Christophe Panzani - Live @Bal Blomet, Paris
Christophe Panzani - Teaser Les Mauvais Tempéraments
Thiefs
Jazz - Hip Hop

Nouvel album "Graft"/La Greffe - Sortie 26 janvier 2018 / Jazz&People

Soutenu par le French-American Jazz Exchange

CHRISTOPHE PANZANI - saxophone, électronique

KEITH WITTY - contrebasse, électronique

DAVID FRAZIER JR. - batterie acoustique & électronique

feat. AARON PARKS (piano, claviers), MIKE LADD, GAEL FAYE, GUILLERMO E. BROWN, GREY SANTIAGO, EDGAR SEKLOKA (voix)

Pour son second album, le trio franco-américain THIEFS signe une exploration musicale à travers les notions d'identité & de déracinement culturel nourrie par le jazz, le hip hop, l'électronique ou encore la musique expérimentale, déjà saluée outre-Atlantique par DownBeat Magazine. Avec les participations exceptionnelles du pianiste Aaron Parks (ECM), du poète et MC américain Mike Ladd, du rappeur Edgar Sekloka (aka Suga) et du romancier rappeur franco-rwandais Gaël Faye !

THIEFS — les voleurs, en anglais, avec une orthographe délibérément fautive — est un groupe qui échappe à la règle. Un trio dont le larcin principal pourrait être celui faire sauter les verrous entre les musiques et jouer les passeurs de sons, à la barbe des autorités et des polices esthétiques. Ce trio hors-la-loi des genres se plait à trafiquer ses grooves pour mieux passer les murailles musicales : des beats qui tournent pas tout à fait rond, comme le monde qui les inspire ; des sons transmutés, qui brouillent la limite entre acoustique et électronique ; du jazz bâtard qui s’hybride aux sons de la rue et aux beats de l’urbanité. Formé à l’origine par le saxophoniste français Christophe Panzani (Anne Paceo, Guts, Carla Bley...) et le contrebassiste américain Keith Witty (Anthony Braxton, Jonathan Finlayson, Somi...) avec le batteur Guillermo E. Brown, le groupe intègre désormais, après un premier album largement salué des deux côtés de l’Atlantique, le batteur David Frazier, Jr. (Gabriel Garzon Montano), féru de jazz et de hip-hop, et s’ouvre à une série de collaborations avec des artistes aussi variés que le pianiste Aaron Parks (ECM), le poète et MC américain Mike Ladd et le rappeur romancier à succès franco-rwandais Gaël Faye, entre autres. Leur nouvel album Graft (la Greffe) emprunte la métaphore de la greffe pour interroger les notions d’identité et d’origine au cœur de sociétés soumises à de complexes et innombrables mouvements migratoires. Il trouve son point de départ dans une résidence commencée à Metz (Arsenal/BAM) en 2015, sur les racines familiales de chacun et l’expérience d’être « déraciné » : Christophe est fils d’immigrés italiens ayant fui un pays dévasté, dont une partie de la famille a trouvé refuge aux États-Unis, Keith est issu de la diaspora juive et chaque membre du groupe est marqué dans son histoire familiale par les mouvements migratoires. L’image de la greffe botanique — qui repose sur le fait d’implanter un corps étranger dans une plante pour obtenir de nouvelles fleurs ou de nouveaux fruits — condense le paradoxe d’une violence bénéfique, d’un mariage forcé qui s’avère vertueux. L’hôte (le porte-greffe) et l’invité (le greffon) finissent par ne plus faire qu’un corps, et l’entaille initiale se cicatrise pour donner naissance à un élément nouveau, vigoureux, inattendu, créatif, parfois, inédit. De l’exil à l’implantation, du déracinement à la reconstruction de soi sur un sol différent, en passant par la peur, la douleur des séparation, la nostalgie et l’espoir, THIEFS décline dans Graft (La Greffe) une série de titres chocs, qui font claquer les langues et creusent le groove, les contre-effets positifs de ces destinées déplacées, chamboulées, recomposées. Affirmant la primauté et l’universalité de l’humain — multiple et unique — le groupe développe une musique de synthèse à cet image, hybride de multiples genres, défiant les frontières du jazz, du hip-hop, de l’électronique ou de l’avant-garde, par leur inventivité rythmique, leurs capacités d’improvisation, et leurs sciences des loops, preuve s’il en fallait que lorsque les greffes prennent, le résultat est bien plus puissant que la simple addition des deux parties.

Extraits
Extraits
I LEAVE IN FEAR -
FIELDS -
Anthro -
VIDEOS
THIEFS - I live in fear (Teaser) feat. Mike Ladd & Gaël Faye
THIEFS - I live in fear (Teaser) feat. Mike Ladd & Gaël Faye
PRESSE
CHOC JAZZ MAGAZINE FÉVRIER 2018
« Ce trio de contrebandiers post-modernes mêle le meilleur des cultures jazz et hip-hop. »
FRED GOATY
PRESSE
DOWNBEAT MAGAZINE
« THIEFS is an inherently cosmopolitan project »
JOE TANGARI
PRESSE
TÉLÉRAMA - 3 CLÉS
« Plus qu'un exercice de fusion entre jazz et hip-hop, leur album commun s'apparente à un geste poétique et politique dont le slogan pourrait se résumer à celui lancé dans Beat one : " L'identité est un mouvement. " ... »
Concerts à venir
09 nov. 2019 / 00:00
Christophe Panzani
Les mauvais tempéraments @ Concert privé
Paris 15e
27 janv. 2020 / 20:30
Christophe Panzani
Les mauvais tempéraments @ Concert de sortie d'album - Studio de l'Ermitage
Paris